jeudi 6 octobre 2011

TRICKSTER

Théâtre de la Cité Internationale
6 -22 octobre 2011

un spectacle de Didier Galas - ensemble lidonnes
lumière Jérémie Papin • dispositif scénique, costumes Jean-François Guillon assisté de Catherine Sardi • mouvement Sylvain Prunenec • assistante mise en scène Sarah Oppenheim • masques Erhard Stiefel • conseiller musical Patrice Elegoet


Reprise au TCI du spectacle de Didier Galas pour lequel j'ai travaillé à la conception de la scénographie et des costumes...

Les aventures solos et endiablées d'un valet de comédie qui aurait voyagé en Extrême-Orient et se poserait des questions sur le théâtre.

Depuis bientôt quinze ans, Didier Galas travaille sur, avec, autour de la figure d’Arlequin. Trickster est le deuxième solo, après Le petit (H)arlequin, qu’il consacre à ce personnage farfelu et farceur dont le nom est pourtant hérité d’un certain Hellequin ou Hierlequin, démon sanguinaire qui hantait les forêts médiévales. Pourquoi Arlequin ? Parce qu’il est, selon Didier Galas, « l’inventeur du théâtre », un théâtre où il n’y a rien d’autre que les tours (les « tricks ») des valets de scène comme dans les fameuses Fourberies de Scapin. Dans Trickster donc, les tours sont nombreux et les paroles se font rares. Ce sont plutôt onomatopées, improvisations sonores, bégaiements, qui ont pour tâche de décoller la parole du sens pour arriver à de purs enjeux mélodiques.
Trickster prend donc le théâtre à son point de départ : des gestes, des sons et des masques. On imagine dès lors que voici un solo sacrément virevoltant, qui utilise le rire et l’anticonformisme pour saper l’ordre et les valeurs traditionnels. Mais l’Arlequin de Galas ne sort pas seulement et tout droit de la commedia dell’arte. Il est un hybride qui ferait appel aussi bien à son double démoniaque Hierlequin, qu’à Ahmed – le personnage de valet contemporain inventé par le philosophe Alain Badiou qui se pose des questions sur le théâtre – ou à quelques figures masquées chinoises et japonaises, pays où Galas a longtemps travaillé. Dans Monnaie de Singes, Arlequin rencontrait le valet japonais Taro-Kaja et le roi singe chinois Sun Wukong. Dans Trickster, la rencontre est plus physique : Buto, Nô et danse de l’Opéra de Pékin servent de point de départ à la folie physique d’Arlequin qui peut virer à la transe et le tout dans un seul corps, celui de l’acteur. Car un valet de théâtre, comme on sait, ça se contrôle mal.


samedi 1 octobre 2011

MASQUEMOI

Performance de Didier Galas et Jean-François Guillon,
dans les jardins du LAAC / Centre d'Art Contemporain










Le Bateau-Feu, Scène Nationale de Dunkerque ferme pour (gros) travaux de reconstruction, mais continue sa programmation hors les murs. Dans le cadre d'un déménagement festif du théâtre, Didier Galas lit un texte inventé, constitué de tous les titres des spectacles joués au Bateau-Feu depuis sa création, mis bout à bout. Interrompant ce flux de parole infini, je l'amène au silence en masquant son visage d'un bloc de feuilles blanches sur lesquelles j'inscris en quelques traits une succession d'états émotifs primitifs (rire, colère, amour...) qu'il interpréte petit à petit corporellement... (photos Vivien Croy Taque)

mercredi 29 juin 2011

LA POESIE POUR QUOI FAIRE ?

Librairie El Salon del Libro
21 Rue des Fossés Saint-Jacques - 75005 Paris

Accrochage du 27 juin au 13 juillet
Vernissage vendredi 1er juillet 2011, à partir de 19h


Le Master REDE présente à la librairie El Salon del libro, du 1er juillet au 1er août, une exposition d’art consacrée à la poésie contemporaine. A cette occasion, les étudiants de la formation professionnelle « rédaction et édition de l’écrit » de Paris Ouest Nanterre proposent une sélection d’œoeuvres inédites de poètes contemporains questionnant la poésie et ses finalités. Des artistes plasticiens ont été invités à illustrer ces poèmes. L’ensemble de ces contributions est édité dans l’ouvrage La poésie pour quoi faire, Volume 2, « Enquêtes », ouvrage dirigé par Jean-Michel Maulpoix et publié aux Presses de Paris Ouest. Les œuvres exposées présentent une lecture de ces textes en même temps qu’elles les interrogent et les interprètent. Dessin au crayon ou numérique, peinture exclusive ou collages, les illustrations témoignent de picturalités et de graphismes hétéroclites. Elles tissent en toile de fond des dialogues étroits entre l’art et la poésie. Elles redonnent une nouvelle vie au récit poétique.

Auteurs Patrick AMSTUTZ - Jacques ANCET - Sylvia BARON SUPERVIELLE - Philippe BECK - Volker BRAUN - Nicolas BROSSARD - Judith CHAVANNE - Jean Gabriel COSCULLUELA - Jean-Patrice COURTOIS - Jacques DARRAS - Carole DARRICARRÈRE - Bertrand DEGOTT - Philippe DELAVEAU - Valérie DESHOULIÈRES - Henri DROGUET - Alain DUAULT - Louise DUPRÉ - Antoine ÉMAZ - Jean-Michel ESPITALLIER - Markus HEDIGER - Sylvie KANDÉ - Jean-Pierre LEMAIRE - Daniel LEUWERS - Aurélie LOISELEUR - Sophie LOIZEAU - Gilles MENTRÉ - Roland NADAUS - Azadée NICHAPOUR - Jean-Baptiste PARA (J) - James SACRÉ - Fabio SCOTTO - Angela SERNA - Jean-Pierre SIMÉON - Serge VELAY - Thomas VERCRUYSSE

Artistes exposés Florencia AVILA - Emna BARKAOUI - Elsa CHA - Dominique CHAZY - Bruce CLARKE - Alexandra DAVID - Romain DRUMMOND - Clémentine FORT - Gwendal FOSSOIS - Florence GUILBOT - Jean-François GUILLON - Valérie GUTTON - Guillaume LE MOINE - Didier LEVY - Adeline LINEA - Huguette LONGEAUX - Ramuntcho MATTA - Sophie OXEANT - Nuno SILVA - Olivier SULTAN - MICAEL - Martial VERDIER - Marine WALLON

Lectures Durant la période d’exposition, des lectures de poèmes et textes par des poètes seront proposées au public. L’ouvrage publié aux Presses de Paris Ouest sera disponible dans la librairie.

mercredi 30 mars 2011

NOUVELLES CARTOGRAPHIES POETIQUES


Expositions - Lectures - Rencontres
8 - 30 mars 2011, Limoges






Galerie LaVitrine
4, rue Raspail, 87 000 Limoges - Tél. 05 55 70 12 17
Exposition, avec Art Erroriste, Anne-James Chaton, Franck Gatti, Jean Gilbert, Jean-François Guillon, Fabienne Létang, Till Roeskens
16 mars - 15 avril 2011
Performance, avec Chloé Delaume & Sophie Couronne, Patrick Bouvet, Jean-François Guillon
Vendredi 11 mars 2011 à 18h
vidéo de la performance : 
http://vimeo.com/26019587
http://www.pan-net.fr/-Nouvelles-cartographies-poetiques-.html

mardi 15 mars 2011

TRICKSTER DELL'ARLECHINO

Reprise en italien de "L'Arlequin de Trickster"
de
Didier Galas

La Passerelle - Scène Nationale - Gap
21 mars - 2 avril 2011
Teatro Astra - Turin (Italie)
15 - 16 mars 2011





Dispositif scénique et costumes : Jean-François Guillon, assisté de Cathy Sardi pour les costumes. Lumières : Jérémie Papin. Mouvement : Sylvain Prunenec. Assistante : Sarah Oppenheim. Conseillère à l'écriture : Aline Schulman. Conseiller musical : Patrice Elegoët. Masques : Erhard Stiefel


vendredi 11 mars 2011

LE PIRE DU SIGNE



Edition, à l'issue de la résidence "Amalgame" à Port sur Saône, d'une plaquette de 32 pages comprenant un texte de Claire Guezengar et des reproductions des travaux (photo et sculpture) réalisés sur place.

LE PIRE DU SIGNE

Conflandey, Haute-Saône
26 février - 11 mars 2011
Exposition réalisée à l'occasion de la résidence d'artiste "Amalgame" (Novembre 2010 - Février 2011).

Cette
résidence a donné lieu à l'édition d'une plaquette
(Communauté de Communes Agir Ensemble à Villers-sur-Port, Conseil Régional de Franche-Comté, Ministère de la Culture- DRAC Franche-Comté)





Extrait de l'édition :


Le travail de Jean-François Guillon est traversé par la question du signe qu’il explore et exploite à travers des installations, des dessins, des sculptures et des photographies, se caractérisant par leur esprit humoristique et leur filiation avec une certaine forme de burlesque. Souvent ponctués de phrases, de mots ou de simples signes typographiques, ses travaux mettent en œuvre une poétique élémentaire du langage qu’il utilise pour son efficacité plastique.


Lors de sa résidence à Amalgame, il s’est intéressé à l’onomatopée, un mot qui est “ un peu moins qu’un mot ” et qui tente de reproduire au plus près un son. Même si l’on a exclu depuis longtemps que les onomatopées étaient à l’origine du langage, elles n’en gardent pas moins un aspect primitif qui leur confère une expressivité immédiate.


La Caisse enregistreuse se présente comme un arrêt sur image. Si son apparence provoque un instant le trouble quant à sa fonction, celui-ci est vite dissipé par une mise en scène qui ne révèle en fait que du silence. Cet instrument est un leurre muet qui ne capte et ne transmet aucun son, mais qui, à l’instar de 4’33’’ de John Cage, rend attentif aux bruits environnants. Le ruban d’onomatopées que déroule la caisse suggère une partition absurde et renvoie à une autre pièce de l’exposition, La Langue des oiseaux, qui fonctionne comme une phrase musicale. Constituée de silhouettes d’oiseaux réalisées en feutrine et posées sur un fil invisible, la pièce évoque une tentative presque enfantine de retranscription du chant des oiseaux.


Le Pire du signe suggère un protolangage, un essai pour s’approcher au plus près d’une écriture qui n’en serait pas tout à fait une, une langue en deçà de la langue, faite de rebuts patiemment réorganisés en vue d’un sens qui n’émergerait jamais.


Depuis une dizaine d’années, Guillon a entrepris Choses lues, une série de photographies dans l’espace urbain. En position de flâneur qui s’adonne à la dérive situationniste, il s’attarde sur les signes qui constituent les cités modernes, sur les traces de vernaculaire qui résistent à l’uniformisation des villes. Ici, c’est à la collecte de signes dans le paysage rural qu’il s’est soumis : pour un citadin non averti, les chiffres fluorescents inscrits sur les troncs des arbres coupés ou les piquets aux couleurs vives figés dans les champs représentent des signes quasi kabbalistiques.


Avec Une heure à Vesoul , il se livre à un portrait de ville à travers soixante images “ arrêt minute ”, comme si le sujet de l’image – une pancarte de signalisation “ arrêt minute ” – s’énonçait ici telle une injonction à effectuer une “ photo minute ”. Le cadrage de l’image ainsi que la réitération du même panneau au centre de l’image pourraient laisser croire à une manipulation “ manuelle ” (le panneau a été déplacé pour les besoins de l’image) ou technologique (de type Photoshop), alors même qu’il s’agit d’un prélèvement de la réalité urbaine vésulienne et que l’on se trouve ici face à des situations trouvées. Comme un touriste perdu, Guillon reconstruit ses repères et montre ici toute la plasticité du banal.


Claire Guezengar


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